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Remarques sans cesse car on est (soi-disant) "différent"

Catégorie : Scolaire

Publié le 24/02/2020 par

Elijah

"Cela a duré près de onze ans. J'ai vécu l'enfer de la primaire, collégien et lycéen. J'ai vécu des remarques grossophobes toute cette enfance, je n'avais décidément jamais ma place au sein d'un groupe d'amis. J'étais la brute, le p'tit gros à qui on pensait toujours pouvoir voler le goûter tandis que je n'en prenais même pas pour l'école. Au collège, je suis devenu le moche, le tabassé, celui qui ne donnait pas envie qu'on l'approche. J'ai eu une copine, cela a duré neuf mois, mais surtout attiré les foudres. On lui demandait ce que je faisais dans ses bras alors qu'il y avait largement plus beau et moins gros que moi.
J'ai développé une sorte de phobie scolaire. Je me levais le matin, sans un bruit, je saluais tristement ma mère et j'osais espérer passer une meilleure journée, ou bien même que l'on m'annonce que c'était le dernier jour de cours.

Je suis entré au lycée et, avec le peu d'estime qu'il me restait, j'ai découvert une vague d'hypocrisie dans la classe que j'allais devoir supporter. J'ai commencé à faire des crises de panique lorsque je passais à l'oral, je passais pour le "petit fragile incapable qui ne va jamais s'en sortir seul dans la vie". Je me souviens même que les surveillants m'ont dit que mon style était propice à ce harcèlement, qu'il fallait que je change et que je redevienne de ces personnes complètement banales pour m'en sortir. Résultat, je me suis fait harceler pendant toutes mes années de lycée parce que je ne voulais pas changer de style et que je ne savais plus faire autrement que de paniquer à l'oral.

Je suis toujours passé pour le bon à rien avant d'entamer des études supérieures. J'ai honteusement souvent songé à mettre fin à mes jours, je ne voyais en moi rien de plus qu'un fardeau planétaire. J'ai la chance de n'être jamais allé jusqu'au bout de mes actes de détresse, je suis pourtant tombé dans la scarification mais cela ne m'a pas tué. Aujourd'hui je suis en vie, parce que j'en ai parlé, j'ai osé dire à ma propre mère que l'on voyait mon existence comme une fatalité et elle m'a relevé, ainsi que mon frère."

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Publié le 25/02/2020 par

ym0z5e20

"Tu as vraiment eu beaucoup de courage pour traverser tout cela. J'espère que ça va mieux pour toi maintenant."

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