Études

Étude sur l’évolution du harcèlement durant le confinement
Étude réalisée du 14 au 23 avril 2020.

Étude sur le harcèlement
Étude réalisée du 09 au 23 mars 2021.

Introduction

Le harcèlement est un phénomène très présent dans la vie quotidienne. Que ce soit du harcèlement de rue, du harcèlement scolaire, du cyber-harcèlement, du harcèlement au travail...etc. Il est présent partout, et sous diverses formes.
Cependant, le confinement oblige la plupart de la population à rester chez elle, les élèves à ne plus aller en cours, les salariés à ne plus se rendre sur leur lieu de travail. Tous ces changements ont une influence indirecte sur le harcèlement. En effet, on peut prendre l’exemple d’un élève victime de harcèlement dans la cour de récréation qui ne le subit plus à ce jour, mais est-ce qu’il le subit d’une autre manière ?

Nous nous sommes posés de nombreuses questions sur l’évolution du harcèlement durant le confinement. Pour y répondre, durant une semaine, nous avons lu des témoignages, des articles, regardé des reportages afin de montrer aux mieux l’évolution du harcèlement durant cette période.

Cette étude met en avant les données recueillies concernant les différents types de harcèlement existants.

Le harcèlement moral

Le harcèlement moral se caractérise par des actions répétées comme des gestes, des mots, ou bien des comportements qui ont pour objectif, ou effet, de dégrader les conditions de vie et/ou de travail d’une personne.

Le harcèlement moral se caractérise par des actions répétées comme des gestes, des mots, ou bien des comportements qui ont pour objectif, ou effet, de dégrader les conditions de vie et/ou de travail d’une personne.

Tout d’abord, nous pouvons évoquer le personnel soignant. En effet, certains d’entre eux ont reçu des menaces afin qu’ils quittent leur domicile, car leur voisinage a peur qu’ils amènent le virus chez eux. Cependant, si le personnel soignant n’a pas de domicile, il ne peut pas exercer sa profession, et donc ne peut pas sauver des vies. Toutes les précautions sont prises afin d’éviter que le personnel soignant amène le virus chez lui. De plus, ce n’est pas parce qu’il est présent chez vos voisins que vous allez l’attraper aussi.

À Montpellier, une infirmière a dû déménager suite aux menaces de ses propriétaires qui vivaient dans l’appartement au-dessus. Ils ont coupé son eau, son électricité, faisaient du bruit tôt le matin...etc. L’infirmière a porté plainte, et les propriétaires vont être poursuivis pour “emploi de voies de fait ou contrainte pour forcer des personnes à quitter leur lieu d’habitation”, “harcèlement moral”, “atteintes à l’intimité de la vie privée” et “dégradations volontaires légères”.

Ensuite, nous pouvons aussi parler du personnel dans les magasins de grandes distributions et drives qui se mobilise afin que la population puisse se nourrir et disposer des produits dont elle a besoin. Cependant, certains d’entre eux ont témoigné sur les réseaux sociaux du harcèlement auquel ils font face chaque jour.

À Valenciennes, deux étudiantes, travaillant dans une enseigne de grande distribution, ont indiqué que les clients se plaignent à elles, sont désagréables, alors qu’elles n’ont rien à voir.

Le harcèlement de rue

Le harcèlement de rue se caractérise par des comportements insistants, irrespectueux, humiliants, menaçants ou même à caractère sexuel, dans un espace public.

Il est possible de penser que le harcèlement de rue a diminué suite au confinement. Cependant, la réalité est différente, de nombreuses personnes témoignent sur les réseaux sociaux du harcèlement de rue qu’elles ont subi durant cette période.
Les témoignages sont nombreux, et ce sont principalement les femmes qui en sont victimes. Elles évoquent des hommes qui font des remarques sur leur physique, miment ou encore font des bruits suspects.

ne infirmière a expliqué qu’elle prenait le métro tous les jours pour se rendre à son travail et, deux soirs de suite elle s’est retrouvée nez à nez avec des hommes qui lui proposaient de faire certaines choses avec elle. Elle a décidé d’en parler au conducteur, mais celui-ci a répondu que la sécurité de la RATP était moins présente ces temps-ci. De plus, elle s’est rendue au commissariat pour obtenir de l’aide, mais ils ne l’ont pas aidée. Elle en a parlé à sa supérieur de l’hôpital afin d’obtenir des mesures de sécurité telle qu’un taxi. C’est finalement par le biais des réseaux sociaux, en témoignant de son histoire, qu’une personne lui a proposé de lui prêter sa trottinette électrique le temps du confinement afin de l’aider à effectuer ses déplacements en dehors du circuit RATP.
Un autre témoignage d’une femme, évoquant sa dernière sortie dans un bar avant la fermeture dans la nuit, montre la violence des propos de certaines personnes. En effet, un homme la suivait dans la rue, tandis qu’elle allait rejoindre ses amis au bar, et lui a dit “T’es peut-être la dernière personne que je vais pouvoir violer, viens ici !”.
D’autres témoignages montrent aussi, qu’à quelques mètres à peine de chez elles, ses femmes entendent des remarques à répétition.

Une femme, nommée Alice, a décidé de créer une page Facebook le 22 mars, suite au harcèlement de rue qui est toujours présent durant le confinement. La page se nomme “Paye ton confinement” : https://www.facebook.com/payetonconfinement/. De nombreux témoignages y sont déjà répertoriés.

Le harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire se caractérise par une répétition de violences, de moqueries ou d’intimidation dans un espace scolaire.

Depuis l’annonce de la fermeture des établissements scolaires, plus d’un milliard et demi d’enfants dans le monde ont vu leur école fermer. Cette décision sous-entend que le harcèlement scolaire n’est plus présent dans les cours de récréation ou en classe.
Cependant, le harcèlement scolaire peut poursuivre l’élève sous la forme d’un cyber-harcèlement. En effet, les harceleurs peuvent continuer à proférer des menaces, ou bien des moqueries via Internet.

Nous avons pu avoir un témoignage d’une maman de deux enfants, un fils en CE2, et une fille de CE1. Elle a expliqué que son fils subissait régulièrement des insultes à son école ainsi que des violences. Aujourd’hui, durant cette période de confinement, son fils affirme qu’il est heureux de ne plus aller à l’école, car il ne se fait plus frapper. Ainsi, il se sent en sécurité en dehors de son école.
Ensuite, nous pouvons aussi parler du personnel dans les magasins de grandes distributions et drives qui se mobilise afin que la population puisse se nourrir et disposer des produits dont elle a besoin. Cependant, certains d’entre eux ont témoigné sur les réseaux sociaux du harcèlement auquel ils font face chaque jour.

À Valenciennes, deux étudiantes, travaillant dans une enseigne de grande distribution, ont indiqué que les clients se plaignent à elles, sont désagréables, alors qu’elles n’ont rien à voir.

Le cyber-harcèlement

Le cyber-harcèlement se caractérise par une répétition de propos ou contenus humiliants, intimidants, en utilisant les nouvelles technologies d’information.

Durant cette période de confinement, le cyber-harcèlement est d’autant plus présent. En effet, la population doit rester chez elle, et passe plus de temps sur Internet.

Tout d’abord, nous pouvons mettre en avant le cas des élèves. En effet, ils doivent suivre les cours en ligne, ce qui leurs implique une présence plus importante devant les écrans, et ils deviennent plus vulnérables aux arnaques ainsi qu’à l’exploitation sexuelle sur Internet. L’Unicef, ainsi que ses partenaires dont l’Organisation Mondiale de la Santé, s’inquiètent pour les enfants.
Henrietta Fore, la directrice générale de l’Unicef, a déclaré qu’il faut “les aider à appréhender cette nouvelle réalité.” “Nous appelons les États et les secteurs privés à unir leurs forces pour protéger les enfants et des jeunes en ligne via des fonctionnalités de sécurité améliorées et la mise en place de nouveaux outils pour aider les parents et les éducateurs à enseigner aux enfants les précautions nécessaires pour utiliser Internet de manière sûre.”. L’Unicef désire mettre en place tous les moyens possibles afin d’éviter que les enfants ne souffrent pas des dangers d’Internet. De plus, les autorités recommandent aux parents de s’assurer que les enfants ont des programmes antivirus, d’échanger avec eux concernant leurs usages et fréquentations en ligne, ainsi que de fixer des règles d’utilisation et être vigilants.

Nous rappelons que Net Ecoute est une plateforme spécialement créée pour les enfants et adolescents afin de les aider quand ils sont confrontés à des problèmes d’usage. Plusieurs moyens sont mis à disposition pour les contacter : tchat, mail, messenger, les appeler, ou on peut même se faire appeler. Service et appel gratuit : 0800 200 000, leur site : https://www. netecoute.fr/.

Ensuite, d’autres phénomènes se sont propagés sur Internet, tels que les comptes “fisha”. Le principe de ses comptes est de demander aux utilisateurs d’envoyer une photo dénudée de leur ex-copine, ou copine, en laissant ses coordonnées. Le compte la met en “Story” afin que tous les utilisateurs puissent voir les photos, et retrouver la personne. Le but est d’afficher ses jeunes femmes

Ces images sont considérées comme du “revenge porn”, utiliser à votre insu des photos intimes, sachant que cet acte est punisable de 2 ans de prison et de 60 000 euros d’amende.
Cela fait plusieurs années que ce phénomène existe, mais avec le confinement, il se propage de plus en plus. La plupart du temps, ce sont des comptes Snapchat ou Telegram. Cependant, un gros problème se pose avec la plateforme Telegram. Celle-ci étant une messagerie privée, à court terme, il n’existe pas de moyen pour faire supprimer les vidéos. L’un des comptes fisha sur cette plateforme était suivi par plus de 233 000 personnes.

La ligne nationale Net Ecoute reçoit plus de 350 appels par semaine depuis le confinement, dont 20% qui aboutissent à un signalement aux plateformes internet. Avant le confinement, c’était 10% des appels qui aboutissaient à un signalement. Ils ont pu déjà supprimer plus de 250 comptes fisha depuis mi-mars, à 90% par Snapchat, selon l’association E-enfance.

L’une de ces victimes se bat, chaque jour, afin de supprimer les comptes. Elle appelle des amis à elle qui font du droit, créé des conversations entre victimes, elle met en place tous les moyens dont elle dispose afin de collaborer à la suppression des comptes.

Au Havre, une jeune fille de 16 ans s’est suicidée à cause de harcèlement le mercredi 1er avril. Sa mère et ses proches ont dit qu’elle souffrait de dépression suite au harcèlement qu’elle subissait. De plus, d’après sa mère, des photos d’elle auraient fuité.

Le harcèlement à la maison

Le harcèlement à la maison peut se caractériser de différentes manières, un enfant qui subit des remarques ou des violences répétées, un homme ou une femme qui subit des violences conjugales à plusieurs reprises, on peut aussi parler de violences intrafamiliales : toute forme de violence physique, sexuelle, psychique ou économique entre les membres d’une même famille, quel que soit l’âge de la victime.

Le confinement a un impact négatif sur le harcèlement à la maison. En effet, les victimes sont bloquées chez elles, avec leur-s harceleur-s.

Tout d’abord, nous pouvons évoquer le harcèlement familial sur les enfants.
Notre Président, Emmanuel Macron, a voulu personnellement sensibiliser sur ce sujet. Pour cela, il a posté un tweet : “Aucun enfant n’a à subir des violences. Quelles qu’elles soient, où que ce soit. Appelez le 119. #FranceUnie”. Accompagné de son tweet, il y a une vidéo de Violaine Blain, directrice générale chez GIP Enfance en danger, qui a voulu alerter à ce sujet. Dans sa vidéo, elle évoque qu’il y a eu une augmentation des appels au 119 de près de 30% par les voisins. Aujourd’hui, les voisins se sentent concernés et osent appeler pour dénoncer ces violences. De plus, la plateforme a augmenté son nombre d’appels de près de 30% à la gendarmerie, afin d’obtenir une intervention rapide et immédiate.

D’autre part, nous pouvons aussi parler des violences conjugales. Au début de la crise sanitaire, une légère baisse avait été remarquée, mais c’est très vite reparti en hausse avec plus de 2 000 plaintes enregistrées durant la semaine du 6 avril. De plus, l’intervention de la police pour violences conjugales a augmenté de 40%.
ertaines préfectures ont mis en place l’interdiction de vente d’alcool (hormis vin et bière), afin d’essayer de diminuer le cas de violences intra-familiales.

Une jeune femme a témoigné qu’elle a tenté d’appeler le 3919, mais qu’elle n’a pas réussi à joindre quelqu’un. En appelant la police, ils lui ont dit qu’il pouvait seulement l’aider à partir, mais qu’elle n’aurait pas de logement. C’est auprès d’une Instagrameuse qu’elle a trouvé du réconfort. Elle a partagé son message afin de trouver une solution, et peu après une association s’est rendue chez elle pour l’aider à partir, et ils l’hébergent le temps de trouver un logement social.

Au tribunal de Caëstre, les affaires se succèdent, et plusieurs concernent les violences conjugales. Malgré le confinement, ils continuent les jugements afin de punir les harceleurs, et ainsi protéger les victimes.

N’oubliez pas ces numéros : le 119, pour tout appel d’urgence concernant un enfant en danger, ou bien des parents en difficulté. Ainsi que le 3919, destiné aux femmes victimes de violences. Il existe aussi le 0 800 05 95 95, concernant les femmes victimes de viol ou d’agressions sexuelles.

Tout le monde se mobilise afin de répondre au maximum aux appels. Si personne ne vous répond, tentez de contacter directement des associations.

Conclusion

Pour conclure, nous avons pu remarquer que le harcèlement est toujours présent quelque soit la forme. Il a évolué soit en s’atténuant, comme pour le harcèlement scolaire, ou bien il peut être encore plus présent comme le cyber-harcèlement ou le harcèlement à la maison.
Cependant, le harcèlement (tous types confondus) reste toujours un sujet sensible qu’il faut démocratiser, surtout en cette période où l’on peut se sentir seul-e quand on est face à cela. De nombreuses aides sont mises en place pour accompagner les victimes. Si vous subissez du harcèlement, ou que vous êtes témoins, parlez ! La première chose à faire, c’est parler à quelqu’un dont on a confiance.

Sur notre site, nous avons une page Contact, regroupant les différents moyens mis à disposition afin de lutter contre le harcèlement : https://parlonsharcelement.fr/contact. Ne restez pas seul-e, c’est seulement ensemble que nous pouvons vaincre le harcèlement : “Plus forts, ensemble !”.

Objectifs et intentions

La mort d'Alisha a suscité beaucoup de réactions dans la sphère médiatique et publique française. En quelques jours, nous avons effectivement remarqué que le harcèlement était largement évoqué et discuté dans les médias, en particulier à la télévision où il a été le sujet de nombreux reportages.

Nous nous intéresserons à la manière dont le harcèlement a été discuté à la télévision et dans les journaux. Enfin, nous ferons le point sur les réactions des pouvoirs publics autour du problème du harcèlement, en particulier du harcèlement scolaire et du cyberharcèlement.

Un problème sociétal

Le lundi 8 mars 2021, Alisha, 14 ans, est retrouvée morte noyée dans la Seine, à Argenteuil. Elle était victime de harcèlement scolaire depuis plusieurs semaines, un problème connu par les équipes de vie scolaire de son lycée.

La jeune fille avait effectivement fait un signalement auprès de la direction de son établissement et un conseil de discipline était prévu pour sanctionner les deux suspects, un couple d'adolescents de son âge. Harcelée depuis des semaines, notamment sur les réseaux sociaux où des photographies intimes de la jeune fille avaient été rediffusées sans son accord, Alisha avait été brutalisée avant d'être poussée dans l'eau.

L'affaire a eu l'effet d'une onde de choc dans les médias : c'était le premier titre de tous les journaux télévisés et la plupart des journaux papiers y avaient consacré un article au lendemain de la découverte du corps de l'adolescente. De plus longues émissions ont également été consacrées au sujet sur des chaînes comme LCI, BFM TV, dans lesquelles on a pu entendre des associations comme l'association HUGO, e-Enfance ou encore Marion La Main Tendue s'exprimer en qualité d'expert sur le harcèlement.

a série de reportages, documentaires et articles parus à la suite du drame ont brièvement ouvert une discussion sur le harcèlement dans les médias, en particulier à la télévision. Les réseaux sociaux, le revenge porn, le manque d'encadrement, de sensibilisation et d'éducation sur le harcèlement dans les milieux scolaires et la critique des réactions des pouvoirs publics sont des thèmes qui reviennent de manière régulière dans les documents que nous avons étudiés.

On note aussi que l'on dénonce de plus en plus le harcèlement, en particulier le harcèlement scolaire qui est le sujet principal de cette étude, comme étant un problème sociétal qui prend de plus en plus d'ampleur depuis une quinzaine d'années, notamment avec le développement des nouvelles technologies et la nouvelle place des réseaux sociaux dans nos vies. On évoque également un phénomène de violence et une détérioration de la santé mentale des jeunes.

La responsabilité des établissements scolaire

Une idée qui revient constamment dans les supports étudiés est le manque de sensibilisation, d'éducation et d'encadrement du harcèlement dans les établissements scolaires. Si on estime que plus de 700 000 élèves (soit un élève sur dix) sont victimes de harcèlement scolaire en France, les mesures qui sont prises pour leur venir en aide sont jugées comme étant systématiquement insuffisantes : les intervenants des différentes interviews diffusées déplorent en effet un manque d'investissement de la part des établissements scolaires. Les directeurs d'établissements seraient mal formés aux questions qui entourent le harcèlement scolaire et le cyberharcèlement. Très peu de professeurs sont formés sur le sujet, et ne savent pas comment aborder la problématique du harcèlement

On déplore notamment le manque d'écoute et d'accompagnement : les établissements auraient tendance à orienter tout de suite les victimes vers le dépôt de plainte et ne chercheraient pas assez, de manière générale, à solutionner eux-même les problèmes de harcèlement ou même à offrir une écoute. Par exemple, les victimes de harcèlement sont souvent contraintes de continuer à aller en cours dans les mêmes classes que leurs harceleurs, souligne un intervenant dans une émission diffusée sur LCI. Si des programmes de lutte contre le harcèlement sont conduits par l'éducation nationale depuis 2011, on constate qu'il existe encore une culture tabou autour du harcèlement dans les établissements scolaires.

Les représentants des différentes associations invitées sur les plateaux de télévision souhaitent un meilleur encadrement et une meilleure écoute pour les victimes de harcèlement au sein des établissements scolaires. Ils souhaitent la mise en place de vrais dispositifs d'écoute, comme un accompagnement thérapeutique pour les élèves victimes de harcèlement. Les parents de victimes dénoncent aussi cette "défaillance" des établissements.

Réseaux sociaux et harcèlement

La place des réseaux sociaux dans les situations de harcèlement est largement discutée dans les articles et reportages que nous avons étudiés. Ils sont en effet de plus en plus présents dans la vie des jeunes, enfants comme adolescents : les réseaux sociaux font partie intégrante de leurs vies, au même titre que d'autres lieux du quotidien puisqu'ils considèrent ces espaces numériques comme des extensions du milieu scolaire, où ils peuvent se retrouver entre eux, échanger, souvent à l'abri d'une quelconque supervision. C'est dans ce milieu qu'une nouvelle forme de harcèlement, le cyberharcèlement, s'est développée. Il est souvent l'extension d'un harcèlement scolaire, moral et/ou physique, qui continue sur internet. On remarque que le premier confinement a énormément aggravé ce déplacement du harcèlement sur la sphère numérique.

Avec le cyberharcèlement, de nouveaux phénomènes sont nés comme le revenge porn et les comptes fisha. Ces deux termes désignent des pratiques qui se croisent et qui consistent à repartager des photos dénudées sans le consentement des personnes concernées. Les comptes fisha vont encore plus loin puisqu'ils partagent avec ces photos des informations personnelles sur les victimes : numéros de téléphone, adresse, réseaux sociaux...

C'est un phénomène de plus en plus présent dans les cours de collèges et de lycées (mais aussi dans l'enseignement supérieur) et qui reste largement impuni, notamment parce que les auteurs, qui agissent en groupe, peuvent être difficilement identifiables. Les forces de police seraient également mal informées sur le délit de pornodivulgation (revenge porn) ou manqueraient de moyens pour enquêter.

S'il existe des mesures judiciaires contre les auteurs de revenge porn, il faut encore que les victimes aient le courage de dénoncer ces actes dans un climat qui parfois rejette la faute sur les victimes, souligne une membre de l'association Stop Fisha : le 6 mai 2021, la police nationale publiait ce tweet : "Envoyer un nude, c'est accepter de prendre le risque de voir cette photo partagée #sexting".

Le problème de cyberharcèlement a toujours suscité dans les reportages et les articles consultés celui de l'encadrement des pratiques numériques des jeunes et de la protection de l'enfance sur les réseaux sociaux et Internet. Pour les associations interrogées, il serait également du devoir de l'école d'encourager de meilleures pratiques numériques chez les jeunes.

Des pouvoirs publics inactifs

Invitée sur le plateau de LCI, Maître Florence ROUAS, avocate pénaliste au barreau de Paris et membre de l'antenne des mineurs, rappelle qu'il ne faut rien minimiser en cas de harcèlement. Elle appelle notamment les enfants comme leurs parents à se rapprocher des antennes des mineurs, à chercher conseil auprès d'avocats, à porter plainte en cas de harcèlement. Il existe en effet des lois qui devraient protéger les victimes de harcèlement comme la loi du 4 août 2014, qui a créé le délit général de harcèlement moral, ou encore l'article 67 de la loi du 7 mars 2016 qui prévoit des sanctions pour la diffusion de revenge porn. (Le délit de harcèlement scolaire n'existe pas dans les textes de loi). On remarque néanmoins que peu d'affaires de harcèlement amènent à des procès.

Nora Fraisse et Justine Atlan, respectivement fondatrice de Marion, la Main Tendue et directrice de l'association E-Enfance, critiquent les trop rares applications de ces lois. "Le sentiment d'insécurité est renforcé par l'impunité," exprime Nora Fraisse. Les sanctions prévues dans les cas de harcèlement ne sont en effet pas appliquées de manière récurrentes.

Pour les associations et les familles de victimes, il est grand temps que les pouvoirs publics réagissent au problème du harcèlement et surtout, que les lois prévues dans ces cas soient appliquées.

Conclusion

Le drame de la mort d'Alisha a permis d'ouvrir une discussion sur le harcèlement dans la sphère médiatique. Pour les associations qui luttent contre le harcèlement, ce moment de parole accordé dans la sphère médiatique a notamment été l'occasion de faire entendre des revendications et d'appeler à une meilleure prise en charge des problèmes de harcèlement à l'école.

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